La ring-girl

La modèle

La championne

La mutante





Beaucoup de fans ou de spectateurs sont étonnés lorsqu’ils aperçoivent le physique souvent plus qu’impressionnant des combattants sur les rings de MMA. Souvent j’entends des réactions assez sévères lorsque j’essaie de faire découvrir ma passion: “regarde moi ce monstre, il s’est piqué ce n’est pas possible d’avoir un tel corps”. Et je réponds souvent à ces non-initiés que le dopage n’est pas seulement visible dans la masse musculaire. Un combattant peut tirer aussi d’énormes avantages dans d’autres types de produits: certains permettent notamment d’augmenter l’endurance physique à l’effort (comme l’EPO utilisée fréquemment en cyclisme), d’autres permettent de résister d’avantage aux coups ou aux soumissions des adversaires (comme les pain killers ou la cocaïne qui rendent moins vulnérables à la douleur). Certains produits sont invisibles à l’œil nu, ne jugez donc pas trop vite un fighter sur son physique, sachant qu’il est également possible de le travailler naturellement tout en ayant un corps de “bête”.
Le problème principal qui touche le dopage et la MMA est en réalité la présence ou l’absence de contrôle selon les fédérations. Prenez l’exemple des USA. Ils font figure de vrais leaders dans la lutte anti-dopage dans ce sport. Il existe des contrôles inopinés très réguliers avant des combats de n’importe quelles fédérations. En fait le système le MMA américain est entièrement contrôlé et dirigé par une commission athlétique s'appellant la NASC (Nevada Athletic State Commission). Elle s’occupe par exemple de former les arbitres en plus des contrôles. Il existe donc de nombreux cas de combattants déclares positifs à certaines substances qui ont été disqualifiés à posteriori. Je pense par exemple à Josh Barnett qui devait affronter le roi Fédor le mois dernier au Strikeforce (seule vrai grosse organisation américaine hors UFC) et qui a été interdit de combattre pour un contrôle positif aux stéroïdes. Rappelons que ce même Barnett fut démis de sa ceinture lorsqu’il était champion de l’UFC il y a quelques années. Des exemples comme celui-ci, il en existe des dizaines.
Le grand paradoxe est que ce même Josh n’a jamais eu de problèmes pour combattre dans d’autres pays. Au Japon, il n’existe aucun contrôle, et c’est là qu’il a effectué la grosse majorité de sa carrière. En aucun cas je ne remets en cause son talent (qui est énorme au passage, le “Baby face assassin” comme on le surnomme à notamment vaincu Minautoro à l’époque du Pride) mais il faut croire qu’il avait plus à gagner à combattre là ou il ne pouvait pas être mis en cause pour usage de drogues.
Maintenant Barnett n’est pas l’exemple le plus flagrant d’un combattant dépendant de substances, car il a toujours eu des résultats satisfaisant, dans n’importe quel pays. Certains cas sont vraiment flagrants. Je vais prendre l’exemple de Paulo Filho. A l’époque du Pride, il était considéré comme un des meilleurs combattants poids moyen (- de 84 kg), il n’avait jamais connu la défaite avec notamment des victoires sur Murillo Ninja ou le français Grégory bouchelaghem. À partir du moment où il a décidé de combattre aux USA, ses résultats, et surtout ces performances dans la cage n’était vraiment pas les mêmes. Il était flagrant de constater qu’il n’avait plus de cardio, plus d’agressivité et un gros manque de motivation. Dans ce cas il est clair et justifié de penser que le Paulo Filho du Pride était sans doute fortement aidé par des produits. Il a essayé de justifier ses performances par une dépression et des problèmes d’alcoolisme, mais les connaisseurs ne sont pas dupes. Il est passé en quelques mois de l’homme à abattre, à un combattant lambda. Tout les anciens “prideurs” sont maintenant pourris par ces polémiques. Car s’ils ont le malheur de faire une mauvaise performance aux USA, ils sont qualifiés de suite de tricheurs. Merci à Shogun de montrer (même si sont premier combat à l’UFC laissait à désirer) que tous les anciens du Japon ne sont pas forcement aussi mauvais aux USA.
Je souhaitais finir en parlant de l’usage du cannabis en MMA. Lors des contrôles anti-dopage il est détectable et condamné. Cela peut paraitre paradoxal car on peut se dire: comment fumer des joints peut aider à mieux se battre? En faite, le THC permet aux combattants d’être plus relaxé et d’être moins marqué par la douleur lors des combats. Bien sûr je ne parle pas de fumer juste avant de monter sur le ring. Ces contrôles n’empêcheront sans doute pas les frères Diaz de continuer à faire les deux activités qu’ils préfèrent: combattre et fumer de la marijuana.
Le Jiu-jitsu est né il y a plusieurs siècles en Asie. Il était originellement utilisé par les moines bouddhistes qui souhaitaient se défendre avec des techniques de souplesse, sans utiliser de force ou d’armes. Avec l’expansion du bouddhisme, cet art a parcouru le Sud-est de l’Asie jusqu’en Chine et au Japon. C’est au pays du soleil levant que le Jiu-jitsu va grandement se développer et se populariser. A tel point que les maitres japonais ont, depuis la fin du XIXe siècle, commencé à migrer à travers le monde pour transmettre leur savoir. Ces maîtres vivaient de l’enseignement de leur discipline mais également des affrontements qu’ils livraient contre d’autres pratiquants d’arts martiaux. Un de ces maîtres, Esae Mitsuo Maeda, a décidé de s’installer à Belém au Brésil en 1915 après avoir voyagé et combattu dans une grande partie de l’Europe. L’année suivante il fit la connaissance de Gastao Gracie, qui fut très enthousiaste en découvrant le Jiu-jitsu. Il décida donc d’amener le plus vieux de ses cinq fils, Carlos, afin qu’il apprenne le combat avec le japonais.
Carlos Gracie était plutôt petit et maigre, il trouva dans le jiu-jitsu un moyen de s’émanciper et commença à battre des adversaires beaucoup plus fort physiquement. Apres avoir voyagé dans tout le Brésil, il ouvrit la première académie Gracie de Jiu-jitsu à Rio de Janeiro. Il décida également de s’occuper de l’éducation de ses deux jeunes frères, Georges et Hélio en leur apprenant les bases de son art. Le Jiu-jitsu transmit par Carlos était autant une forme de combat qu’une manière de vivre : ils perfectionnaient un art en fonction de la faible corpulence caractéristique de leur famille. Carlos continua donc sa carrière de combattant tout en gérant celles de ses frères. Ils remportaient à cette époque de nombreux combats contre des adversaires qu’ils leur rendaient parfois 20 ou 30 kilos.
Mais si le Jiu-jitsu s’est transformé en Jiu-jitsu brésilien, on doit ca à Hélio Gracie. C’est lui qui a décidé de perfectionner l’art de son frère (qui était surtout basé sur les projections) en développant des techniques utiles en combat réel. Hélio s’entraina donc énormément en soumission et concentra son approche sur le combat au sol. Il gagna de nombreuses rencontres (certaines resteront légendaires) et sa seule défaite sera contre un de ses élèves Valdemar Santana dans un combat de 3h45(pour la petite histoire le fils de Carlos s’appelant Carlson a vengé par la suite son oncle Hélio en battant quatre fois Santana). Grâce aux nouvelles règles apportés par Carlos notamment, le Jiu-jitsu est le premier cas mondial de changement de nationalité d’un sport. Des années plus tard, il fut rebaptisé Jiu-jitsu brésilien et commença à s’exporter dans le monde entier, même au Japon. Les enfants d’Hélio, Royce et Rickson se sont fait connaître en remportant de nombreuses victoires prestigieuses aux USA et au Japon au début des années 1990.
Le Jiu-jitsu est désormais assez connu à l’échelle mondiale, même s’il reste peu médiatisé en France. Il faut garder à l’esprit que c’est un sport jeune et qui a commencé à se développer il y a seulement quelques années en dehors du Brésil. Tous les pratiquants sont donc des descendants directs d’Hélio qui a transmis son savoir à ses fils qui ont par la suite fait de même avec leurs élèves. Mais les maîtres brésiliens ont depuis une dizaine d’années commencé à migrer et à enseigner en Europe. Même si nous sommes en retard sur les USA qui ont découvert le phénomène avant nous, le niveau des combattants européens commence à se rapprocher de celui des meilleurs combattants (c’est-à-dire des brésiliens). Puisque c’est une discipline jeune, il m’est agréable de penser qu’en tant que pratiquant, nous avons encore la chance de pouvoir rencontrer les pionniers de ce sport (Hélio Gracie est malheureusement décédé au début 2009) et d’apprendre avec des élèves directs des Gracie, ou les Gracie eux-mêmes.
Je vous mets pour information mon arbre généalogique de jiujitsu brésilien, il regroupe tous les enseignants de mes maîtres jusqu’à
moi :
Hélio Gracie (the « Godfather ») > Rolls Gracie (fils d’Hélio) > Jacare Calvacante (fondateur d’Alliance) > Paulo Sergio Santos > Greg
Merci au site Ikusa.fr pour les informations.
Dimanche dernier, la rédaction du magazine hebdomadaire de M6 Enquête exclusive nous
a proposé un reportage surprenant sur les sports de combat. Les thèmes abordés étaient le catch, le "freefight" et la boxe thaïlandaise. Après avoir regarder attentivement l'émission, je n'ai pas
réussi tout de suite à comprendre ce que souhaitait montrer les journalistes de M6. Dénigrer ces sports et faire passer les pratiquants pour des "sauvages"? Comme d'habitude me direz-vous. Mais
là M6 va encore beaucoup plus loin: ils présentent le MMA comme étant un sport d'une violence inconcevable, presque inhumaine, mais ils expliquent également, aussi paradoxal que cela puisse
paraître, que cette pratique est autorisée et réglementée dans tous nos pays voisins.
Dans cette période de débat (stérile) sur l'identité nationale, la rédaction d'Enquête exclusive a souhaité mettre en avant les idées françaises telles que continuer à interdire les compétitions de "freefight"). Malheureusement, si les non-initiés ont pu regarder ce reportage sans être choqué par les commentaires, les connaisseurs et les pratiquants s'indignent de l'image qu'il a été donné d'eux. M. Besson serait pourtant fier de voir tous les combattants français porter si haut le drapeau bleu blanc rouge à travers le monde (pour gagner une misère dans la plupart des cas). Mais lassé d'attendre une reconnaissance à la hauteur de leurs sacrifices, les grands combattants de l'hexagone doivent commencer à être écoeuré de l'attitude des politiques et des journalistes de leur pays. Peut être devraient-ils même songer à changer de pays!
Je voudrais également revenir brièvement sur ce qui m’a le plus interpellé durant l’émission. Honnêtement, si on leur avait demandé un reportage servant à détruire le MMA, ils auraient difficilement pu faire mieux. Tout d’abord, la journaliste en voix-off emploie toujours le mot « freefight » dans le reportage. Vous pouvez constater que dans mon blog je prends toujours soin de ne pas employer ce terme, qui a une connotation fortement péjorative pour les oreilles des non connaisseurs. Une manière sans doute de « barbariser » encore plus les combattants.
Plus fort encore : la journaliste nous glisse en plein milieu du reportage qu’il y a eut un mort en compétition de « freefight »il y a quatre ans, puis plus un mot sur le sujet. Ca c’est de l’information ! Òù, quand, comment cette tragédie s’est-elle déroulée ? N’ayant jamais entendu parler de cette histoire, j’aurais beaucoup aimé avoir des précisions. Inutile de vous dire que ce chiffre est tout de même minime (c’est le moins que l’on puisse dire) si l’on compare le MMA avec la Boxe anglaise (plusieurs morts tous les ans) ou les sports automobiles par exemple (regardez le nombre de mort depuis le début du Paris Dakar).
Je voudrais enfin terminer sur ce qui m’a semblé le plus stupide dans l’émission (sans parler du fait que les journalistes de M6 ont fait exprès de na pas aller à la rencontre des vrais représentants du MMA français). Je suis pratiquant de Jiu-jitsu Brésilien et certains de mes proches m’ont contacté suite au reportage pour me demander de faire très attention à moi car, il parait que je risque à chaque entraînement…de mourir. En effet, pendant le reportage la journaliste commente un combat et lorsqu’un des deux participants se fait étrangler et est obligé d’abandonner, elle nous informe : « il doit taper trois fois pour demander grâce, où c’est la mort ! » Messieurs et Mesdames les français, cela voudrait-il dire que nos amis les judokas (qui utilisent comme en MMA ou en Jiu-jitsu les étranglements) sont également des « barbares » des temps modernes ? Je vous laisse vous adresser à M. David Douillet qui saura sans doute beaucoup mieux que moi vous expliquer la vérité. Je ne pourrais pas reprendre l’intégralité des inepties que j’ai entendues et vues dimanche soir, je vous laisse le soin de vous faire votre propre opinion. Vous pourrez trouver ce reportage encore quelques semaines sur le site de M6 (M6 replay).
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