Jeudi 11 mars 2010 4 11 /03 /Mars /2010 19:16

Beaucoup de fans ou de spectateurs sont étonnés lorsqu’ils aperçoivent le physique souvent plus qu’impressionnant des combattants sur les rings de MMA. Souvent j’entends des réactions assez sévères lorsque j’essaie de faire découvrir ma passion: “regarde moi ce monstre, il s’est piqué ce n’est pas possible d’avoir un tel corps”. Et je réponds souvent à ces non-initiés que le dopage n’est pas seulement visible dans la masse musculaire. Un combattant peut tirer aussi d’énormes avantages dans d’autres types de produits: certains permettent notamment d’augmenter l’endurance physique à l’effort (comme l’EPO utilisée fréquemment en cyclisme), d’autres permettent de résister d’avantage aux coups ou aux soumissions des adversaires (comme les pain killers ou la cocaïne qui rendent moins vulnérables à la douleur). Certains produits sont invisibles à l’œil nu, ne jugez donc pas trop vite un fighter sur son physique, sachant qu’il est également possible de le travailler naturellement tout en ayant un corps de “bête”.

 

Le problème principal qui touche le dopage et la MMA est en réalité la présence ou l’absence de contrôle selon les fédérations. Prenez l’exemple des USA. Ils font figure de vrais leaders dans la lutte anti-dopage dans ce sport. Il existe des contrôles inopinés très réguliers avant des combats de n’importe quelles fédérations. En fait le système le MMA américain est entièrement contrôlé et dirigé par une commission athlétique s'appellant la NASC (Nevada Athletic State Commission). Elle s’occupe par exemple de former les arbitres en plus des contrôles. Il existe donc de nombreux cas de combattants déclares positifs à certaines substances qui ont été disqualifiés à posteriori. Je pense par exemple à Josh Barnett qui devait affronter le roi Fédor le mois dernier au Strikeforce (seule vrai grosse organisation américaine hors UFC) et qui a été interdit de combattre pour un contrôle positif aux stéroïdes. Rappelons que ce même Barnett fut démis de sa ceinture lorsqu’il était champion de l’UFC il y a quelques années. Des exemples comme celui-ci, il en existe des dizaines.

 

Le grand paradoxe est que ce même Josh n’a jamais eu de problèmes pour combattre dans d’autres pays. Au Japon, il n’existe aucun contrôle, et c’est là qu’il a effectué la grosse majorité de sa carrière. En aucun cas je ne remets en cause son talent (qui est énorme au passage, le “Baby face assassin” comme on le surnomme à notamment vaincu Minautoro à l’époque du Pride) mais il faut croire qu’il avait plus à gagner à combattre là ou il ne pouvait pas être mis en cause pour usage de drogues.

 

Maintenant Barnett n’est pas l’exemple le plus flagrant d’un combattant dépendant de substances, car il a toujours eu des résultats satisfaisant, dans n’importe quel pays. Certains cas sont vraiment flagrants. Je vais prendre l’exemple de Paulo Filho. A l’époque du Pride, il était considéré comme un des  meilleurs combattants poids moyen (- de 84 kg), il n’avait jamais connu la défaite avec notamment des victoires sur Murillo Ninja ou le français Grégory bouchelaghem. À partir du moment où il a décidé de combattre aux USA, ses résultats, et surtout ces performances dans la cage n’était vraiment pas les mêmes. Il était flagrant de constater qu’il n’avait plus de cardio, plus d’agressivité et un gros manque de motivation. Dans ce cas il est clair et justifié de penser que le Paulo Filho du Pride était sans doute fortement aidé par des produits. Il a essayé de justifier ses performances par une dépression et des problèmes d’alcoolisme, mais les connaisseurs ne sont pas dupes. Il est passé en quelques mois de l’homme à abattre, à un combattant lambda. Tout les anciens “prideurs” sont maintenant  pourris par ces polémiques. Car s’ils ont le malheur de faire une mauvaise performance aux USA, ils sont qualifiés de suite de tricheurs. Merci à Shogun de montrer (même si sont premier combat à l’UFC laissait à désirer) que tous les anciens du Japon ne sont pas forcement aussi mauvais aux USA.

 

Je souhaitais finir en parlant de l’usage du cannabis en MMA. Lors des contrôles anti-dopage il est détectable et condamné. Cela peut paraitre paradoxal car on peut se dire: comment fumer des joints peut aider à mieux se battre? En faite, le THC permet aux combattants d’être plus relaxé et d’être moins marqué par la douleur lors des combats. Bien sûr je ne parle pas de fumer juste avant de monter sur le ring. Ces contrôles n’empêcheront sans doute pas les frères Diaz de continuer à faire les deux activités qu’ils préfèrent: combattre et fumer de la marijuana.

 

Par Grégory B.
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